Elle savait toute sorte d’histoires, cette vieille grand’mère, et elle les contait d’une voix chevrotante. C’était tantôt le récit du « soutrè » qui danse dans les étables, et la légende de saint Nicolas, patron de la Lorraine, qui ressuscita trois enfançons hachés dans un saloir.
Le christ semblait pleurer sur nos malheurs ; la bonne vierge nous rendait l’espoir en dorlotant son enfançon.
En tout cas, c’était un repos d’avoir une heure à soi sans s’occuper de cette troupe qui à peine réveillée crierait sa détresse morale dans le langage désespéré des enfançons : à manger ! — à boire !