Il a un certain âge, des idées complètement rétro — un vrai facho, quoi. J’ai même quelquefois l’impression qu’il n’est pas dénazifié à cent pour cent.
Il faut que j’interrompe Manglano une seconde : « fachos » n’est pas un anachronisme, c’est une traduction. En espagnol, on dit fachas pour fascistes depuis la guerre civile de 1936. Manglano m’avait dit dans notre langue : « Y el enemigo, ¡ coño, ya se sabe : los fachas ! » « Fachos », donc, pour fachas : une traduction plausible et personnelle.
Avant de remonter au front : « Les vieux cons de fachos comme vous, ils tisent de l’alcool et jouent aux boules ! Leurs enfants, ils font pareil! Nous, nos pères, tu ne les trouve pas dans les cafés ... »
L’adolescence a toujours existé dans toutes les cultures. Tel que nous la définissons, elle a toujours existé. Mais, dans une société très « facho », il n’y a pas d’adolescence. C’est pour cette raison qu’il n’y en a pas eu en France avant la fin du XIXᵉ siècle.