Il n’étoit pas d’un goût plus délicat pour sa boisson. Le Bourgogne & les meilleurs vins de France lui faisoient mal au cœur. Il lui falloit de cette ripopée qui pique & gratte le gosier, dont les crocheteurs s’enivrent.
[Les soldats] crient contre les vivandiers qui, ni plus ni moins que les épiciers de Paris, fabriquent eux-mêmes le brant de vin avec du bouillon de canard et du poivre long et qui leur font payer encore cette ripopée plus chère que leur meilleur sacré chien.
En fait de nutriment et de breuvage artistiques, on ne lui sert [au peuple] sous couvert de religion, que de la ratatouille de cantine et de la ripopée.
[…] l’autre [un compagnon chirurgien], après boire, tâte le pouls du malade, fait tirer la langue […] défait les boucles de ses arçons, en tire du camphre, de l’émétique, du séné et du quinquina, et dans le grand verre de la famille fait une ripopée d’autant mieux payée, qu’elle sera plus abondante, plus chargée et plus pesante.
Pour ma part, je dîne en robe de chambre et je dois me contenter des quelques pitoyables ripopées prescrites par mon médecin.
L’aréopage goûta le potage. Les conseillers, d’un commun accord, reconnurent que la ripopée (car ils disaient « ripopée ») était nourrissante, qu’elle devait être saine…