La signature elle-même n’avait rien de chantourné : il signait simplement son nom en devanagari (l’écriture sanskrite ordinaire de l’hindi moderne) : ses initiales et son nom de famille.
À l’origine, hindi et ourdou étaient une seule et même langue, que les hindous écrivaient en devanagari et les musulmans en caractères arabes.
Le texte liturgique est en devanagari, écrit en sens inverse, à l’encre rouge.
Enfants, ces gens avaient baigné dans la culture à la fois hindoue et musulmane de l’Inde du Nord, qui, comme on l’a vu, accordait beaucoup d’importance à la beauté de sa langue. La plupart d’entre eux avaient appris à parler et à écrire plusieurs des langues apparentées de la région : l’ourdou, écrit en écriture arabe ; l’hindoustani, très proche mais écrit dans la graphie devanagarie dérivée du sanskrit ; le pendjabi, écrit en graphie gurmukhie, cousine du devanagari ; et sans doute une ou deux des quelques autres langues du cru.
Les écritures que je ne pouvais pas lire ont toujours été pour moi des énigmes à déchiffrer. Alphabet grec, cyrillique, devanagari… les idéogrammes chinois, qui dessinaient le monde pour le dire, représentaient le summum de ce mystère.