Ce jour-là, dans chaque famille, ou sert le gâteau des rois, dans lequel se trouve une seule fève. Il est partagé en autant de portions qu’il y a de convives, et celui qui trouve la fève dans la sienne est proclamé roi, pauvre roi tyrannisé à tel point par ses sujets, qu’il ne peut approcher le verre de ses lèvres sans les entendre tous crier Le roi boit !
Qui aurait la fève ? Un sourire niais errait sur les lèvres. M. Lesable poussa un petit « Ah ! » d’étonnement et montra entre son pouce et son index un gros haricot blanc encore couvert de pâte. […] Mais comme Lesable allait boire pour empêcher encore son verre de déborder, César s’écria : « Le roi boit ! le roi boit ! le roi boit ! » Et Mlle Charlotte, émoustillée aussi, glapit de sa voix aiguë : « Le roi boit ! le roi boit ! »