Enfin ces courants, anticommunisme, nativisme, racialisme et eugénisme, ont partie liée avec un courant antisémite dont l’industriel Henry Ford est alors une figure puissante par son aura et par les moyens qu’il met en œuvre pour défendre cette cause.
Reprenant la différence entre « racialisme » et « racisme » théorisée par David Theo Goldberg dans son ouvrage The Threat of Race, cet article considère qu’on appelle « racialisme », selon l’expression d’Anthony Appiah, l’idée selon laquelle des groupes sont marqués par certaines caractéristiques visibles, héritables et généralisables, que ces traits soient physiques, corporels, psychologiques ou culturels. Le « racisme » implique, quant à lui, nécessairement l’idée d’inégalité ou d’infériorité.
Les introducteurs japonais du racialisme au Japon puisent notamment dans l’école allemande (Blumenbach, Haeckel). Katô Hiroyuki (1836-1916), ténor meijien, grand laudateur du kokutai, partisan du social-darwinisme et d’une monarchie constitutionnelle, président de l’Université impériale de Tôkyô et conseiller de l’empereur, est l’un des traducteurs d’Ernst Haeckel (1834-1919), l’inventeur de l’écologie (1866), social-darwinien et racialiste, qui est traduit précocement et régulièrement au Japon (1882, 1888, 1906, 1915, 1917…).
Un exemple marquant des années 1920 est l’intellectuel Abram Harris, qui a écrit The Black Worker et forgé le terme « racialisme » – il entend par là cette frange de l’antiracisme qui pratique un réductionnisme fondé sur la couleur de peau.
Le racialisme est le contraire de l'esprit de la République. Personne n'est obligé de correspondre à une typologie sociale ou culturelle héritée à la naissance.
Au multiculturalisme canadien s’ajoute le racialisme américain, dont les effets sont particulièrement inquiétants, surtout dans une société connaissant une mutation démographique majeure sous le poids de l’immigration massive.