J’écoute le vaguemestre nous lire le courrier qui part : il approuve sans réserve la carte du colonel : Tout va bien, […].
Le général Sarrail […] interdit aux militaires sous ses ordres d’envoyer leurs lettres par la poste. Toutes les correspondances doivent être remises au vaguemestre. La surveillance est ainsi plus facile.
C’était un matin après la soupe, dans la cour de la caserne. Le vaguemestre faisait son ordinaire distribution de joies et de peines.
En plus de mettre en lumière une fonction méconnue – le vaguemestre est le responsable du courrier –, la triste nouvelle a souligné à quel point l’hôpital était, plus qu’un groupement de soignants, une ville dans la ville.
Quand le vaguemestre de la maison lui remettait ces lettres d’une grosse écriture passionnée, elle se hâtait de les cacher dans sa poche.