Malgré les tirs d’artillerie qui pilonnaient la Nationale, Simon avait foncé sans accroc, évitant les trous d’obus, contournant les chicanes, les chevaux morts, les amas de matériel, indifférent aux gestes de prudence des soldats aplatis dans les fossés. Mais des stukas apparurent, très loin, volant en éventail, parallèlement à la route, et Simon s’arrêta.
Dès le lever du jour, des groupes de Stuka composés pour chacun d'une soixantaine d'appareils avaient égrené leurs bombes sur Bazeilles, Balan, Torcy et Wadelincourt. Ils n'avaient depuis cessé de se renouveler, allumant partout des incendies au point d'embraser le ciel.
Les « stukas » sont des avions Junkers bombardiers spécialisés dans l’attaque au sol, lâchant de 1 500 à 2 000 kilos de bombes incendiaires en faisant mugir leurs sinistres sirènes qui vous glaçaient les entrailles.