Un jour au coin du feu nos deux maiſtres fripons
Regardoient roſtir des marons ;
[…]
Bertrand [le Singe] dit à Raton [le Chat] : Frere, il faut aujourd’huy
Que tu faſſes un coup de maiſtre.
Tire-moy ces marons ; Si Dieu m’avoit fait naiſtre
Propre à tirer marons du feu,
Certes marons verroient beau-jeu.
Auſſi-toſt fait, que dit : Raton avec ſa pate
D’une maniere delicate
Écarte un peu la cendre, & retire les doigts ;
Puis les reporte à pluſieurs fois ;
Tire un maron, puis deux, & puis trois en excroque,
Et cependant Bertrand les croque.
On dit proverbialement de celui qui eſt ſorti hors du jeu, ou qui n’a plus d’argent pour joüer, qu’il eſt allé rôtir les marrons, ou abſolument au rôtir. On dit auſſi, quand on ſe ſert du ſecours d’autrui pour quelque choſe qu’on a peur de faire ſoi-même, qu’on fait comme le ſinge, qui tire les marrons du feu avec la patte du chat.
Prov. et fig., Se servir de la patte du chat pour tirer les marrons du feu, Se servir adroitement d’un autre pour faire une chose dangereuse, dont on espère de l’utilité, et qu’on n’ose faire soi-même. On dit de même, Tirer les marrons du feu, Servir aux desseins d’un autre, travailler pour un autre, avec fatigue et danger pour soi-même et sans aucun profit.
— Toutes ses créatures sont en branle depuis hier, et vingt personnes m’ont dit que la bande se partageait déjà les portefeuilles. Car vous vous doutez bien que l’ingénu et farouche Mège va tirer une fois de plus les marrons du feu.
Certes, l’économie nord-américaine accuse de sérieux ratés. Il existe cependant des entreprises qui tirent drôlement bien leurs marrons du feu.
Si la gauche court après Nicolas Sarkozy, je vous laisse deviner qui va tirer les marrons du feu. Ce sera probablement Jean-Marie Le Pen […]