Le printemps venu, les piles de bois s’écroulent l’une après l’autre dans l’eau neuve et commencent leur longue navigation hasardeuse à travers les rapides. Et à tous les coudes des rivières, à toutes les chutes, partout où les innombrables billots bloquent et s’amoncellent, il faut encore le concours des draveurs forts et adroits, habitués à la besogne périlleuse, pour courir sur les troncs demi-submergés, rompre les barrages, aider tout le jour avec la hache et la gaffe à la marche heureuse des pans de forêt qui descendent.
Si vous demandez aux demoiselles du canton
À quoi elles pensent quand le printemps s'annonce
Elles vous diront peut-être : mêlez-vous de vos oignons
Mais nous primons la valse du maître draveur
Il sait voltiger sur les billots qui flanchent
Ainsi son corps maîtrise l'art de la valse
Il sait voltiger sur les billots qui dansent
Le maître draveur charme énormément.
La forêt, c’est une source d’enrichissement pour plusieurs régions et pour des centaines de milliers de Québécois. Nous sommes nombreux à porter en nous la fierté des défricheurs, des bûcheurs et des draveurs qui ont bâti ce pays.