Mais, derechef, ne faut-il pas soupçonner derrière cette prise en compte des victimes, une sorte de populisme malsain, propre à faire pleurer dans les chaumières, qui aurait pour conséquence de désigner toute atteinte aux personnes comme un grave danger, toute « incivilité » comme une ouverture vers le crime.
Deux ans après les attentats du 14 juillet, son conseil municipal l’a, le 7 juin, autorisé à signer avec Thales une « convention d’expérimentation » pour un projet baptisé « Safe City ». « Ville sûre », en bon français, ambitionne de prévenir incivilités, crimes et terrorisme grâce à la collecte et à l’exploration de milliers de données personnelles, de caméras de surveillance et des réseaux sociaux.
Du point de vue pénal, les « incivilités infractionnelles » sont beaucoup moins graves que les crimes, mais le dérangement qu'elles provoquent peut être infiniment plus grand.