Or j’eus comme voisin de lit un aumônier du genre fier et silencieux, qui s’équipait en musulman pour les tirailleurs marocains. Le croissant sur son calot était un beau sujet de plaisanterie.
Du bout de sa main gantée de vert, il se tapota légèrement la tête et dit d’une voix presque paternelle :
– Mütze !
– De quoi ? dit Pater en se tournant vers moi.
– Il veut parler de nos calots, lui dis-je.
– Nixe mutsé, s’écria Pater volubile, mutsé parti, fini mutsé, mutsé capout, a pu mutsé…
Un edelweiss séché glissa d’une des enveloppes de rhodoïd et M. Abel le replaça avec des gestes précautionneux sur la photo aux vilaines couleurs qui lui servait de support : sur un vague fond de mosquée, trois militaires en calot et treillis se tenaient par l’épaule.
L’adolescent se tenait debout, son calot à la main. Il avait l’air songeur, préoccupé : une ride lui sillonnait douloureusement le front.
Sa petite silhouette de gargouille, coiffée jusqu’aux sourcils d’un de ces calots « à la mode ».