La première [redevance] ne pèse que peu sur le Peuple ; elle se paye non pas annuellement, mais rarement ; se paye par celui qui achète & ainsi qui a quelqu’argent ; si l’on suppose que c’est par le vendeur ; c’est au moment où il reçoit de l’argent. […] On paye presque par-tout le laud des maisons, cela est fondé sur une fiction de droit qui veut que l’accessoire suive le fonds. Fiction injuste dans le cas actuel. Dans d’autres cas, on fait payer des lauds à ceux qui héritent même par un effet de la loi. Je voudrois réduire le laud à des limites légales. Je voudrois aussi qu’en ajoutant une finance quelconque au premier laud qui viendroit à écheoir, le seigneur fut tenu de se contenter de ces deux sommes réunies & que le droit lui-même fut anéanti ; ainsi dans peu les lauds viendroient à s’éteindre.
Le laud était, pour les ventes de biens ruraux le 1/8 du prix ; pour les fiefs le 1/6. On le payait à chaque mutation, pour toute succession testamentaire. La jurisprudence adoptée par Berne, en avait fait un fléau pour les habitans, depuis qu’on avait pris pour axiome que toute terre devait le laud, à moins d’être affranchie par un titre particulier.