L’écrivain tchèque Edouard Bass, qui fut probablement un circassien, l’a observé : « S’il est difficile de dire comment les gens du cirque se rencontrent entre eux quand ils voyagent par le monde, le fait est qu’ils se rencontrent. »
Un ange viendra marcher là devant nous, comme un circassien de soie, sans manière aucune, sur une élingue tendue, sans mât, ni bride, ni moufle, en l’air, sur le vide, sur rien, un mètre au-dessus du pré.
La résidence de Batu, située dans la basse Volga, était idéale à bien des égards. Son emplacement, à plus de 800 km du Dniepr où les Lituaniens menaient régulièrement des raids dévastateurs, et à une distance suffisante du Caucase où des groupes rebelles alains et circassiens vivaient cachés dans les montagnes, en faisait un territoire protégé.
Dans cette perspective, nous étions un groupe d’une quinzaine de personnes à effectuer un voyage en « Arménie historique », en juillet 2014, à l’est du plateau anatolien : là même où un million et demi de victimes furent massacrées par l’armée turque et par ses supplétifs kurdes ou circassiens (les terribles « tchétés »).
Il s’est donc embarqué cette semaine pour Malte, accompagné de son épouse, Hosn-Jihane, une ancienne esclave circassienne achetée, me dit-on, sur le marché de Constantinople, mais qui s’était muée en une dame unanimement respectée.