J’eus brusquement l’évidence, un matin, qu’un chrétien convaincu de la béatitude future n’aurait pas dû accorder le moindre prix aux choses éphémères. Comment la plupart d’entre eux acceptaient-ils de demeurer dans le siècle ? Plus je réfléchissais, plus je m’en étonnais. Je conclus qu’en tout cas je ne les imiterais pas : entre l’infini et la finitude, mon choix était fait. « J’entrerai au couvent », décidai-je.
Alors que le romancier, riche de son don d’ubiquité, peut se dédoubler en autant de personnages que son humeur daigne susciter au fil des pages, le poète reste fixé à la finitude de son expérience, à la racine de son cri.
Aventureuse, prête aux expériences limites, elle [Marie de Villepin] se verrait bien propulsée « en vrai » dans le ciel vide où rouille la mémoire des hommes qui ambitionnaient de conquérir les étoiles quand ils se contentent, désormais, de crawler dans la boue de leur finitude acceptée.