Aucun désordre, peu de bruit, on prenait refuge, on prenait bast, comme disent les Persans, autrement dit on s’adonnait à une résistance strictement passive à l’abri d’un sanctuaire. Des sanctuaires, il y en avait plusieurs dans la région de Téhéran : le mausolée de Shah-Abdol-Azim, les écuries royales et, le plus petit bast de tous, le canon sur roues de la place Topkhané : si un fugitif s’y agrippe, les forces de l’ordre n’ont plus le droit de le toucher.
On nous sait sans fortune, on clabaudera. Mais bast ! dans les moments de crise, tout arrive.
Mais pour notre nouvelle école tout cela ne compte pas ! Ils mêlent arbitrairement les rimes féminines et les rimes masculines, ils font rimer des mots à cinq ou six vers de distance, ils emploient des rimes fausses, ils ne riment pas du tout, ils font des assonnances… Bast ! qu’importe si l’œil et l’oreille s’y perdent ! C’est du symbolisme.
Qu’allait-elle dire, en me trouvant là, sans avoir été prévenue ? « Bast, me dit ma grand’mère, elle ne vous reconnaîtra pas. Il y a si longtemps qu’elle vous a vu !