À Fées, où il a si souvent et si gaiement séjourné entre Berthe et Gabrielle, ce qui reste de cette dernière est inhumé dans une vétuste chapelle, fragment d’une abbaye que la Révolution a achevé de détruire, et dont les fondations au moins sont mérovingiennes ; des bouts de sculpture, des fragments de gisantes attestent que des générations de femmes mortes sont venues pourrir là.
Cette gisante de 1903 est revêtue d’une chemise de nuit de batiste aux poignets et au col ornés de dentelles ; un tulle diaphane voile imperceptiblement son visage et nimbe ses cheveux, qui paraissent très sombres, par contraste avec la blancheur du linge. Ses mains, entrelacées d’un chapelet, sont jointes sur le haut du ventre ballonné par la péritonite, qui bombe le drap comme si elle attendait encore son enfant.