Rappelons que le quiétisme, objet de nombreuses condamnations autant politiques et doctrinales à partir de 1687, est une attitude spirituelle qui confond le traditionnel abandon à la volonté de Dieu, acte de foi qui permet à l'homme d'adhérer à cette volonté, avec l'abandon négligent de cette volonté, sous prétexte que Dieu fera tout tandis que l'âme ne fera rien.
Le quiétisme, tant accusé d’obscurité, n’avait été que trop clair. Il érigeait en système et posait avec franchise comme suprême perfection l’état d'immobilité et d’impuissance où l’âme parvient à la longue quand elle abdique son activité.
N’était-ce pas simplicité que de formuler si bien cette doctrine d’assoupissement, de donner à grand bruit une théorie de sommeil?
Un Boswell nous l’eût gâté, comme l’abbé Ledieu et l’histoire du quiétisme nous ont débossuétisé Bossuet.
[…], ils formulèrent la proposition suivant laquelle l’obéissance au souverain, bon ou mauvais, était préférable à la fitna (anarchie, désordre). Ce qui équivalait à la consécration formelle du quiétisme politique de l’islam.