L’hydronymie a soulevé des débats parfois passionnés chez les géographes. Dans le cadre de recherches sur les dynamiques des torrents proglaciaires de la vallée de Chamonix (Berthet, 2016), nous avons été confrontés à des singularités remarquables dans l’appellation des torrents.
L’étymon latin merda, de loin le plus employé dans le champ lexical, a inspiré la création de nombreux hydronymes – y compris dans les aires franco-provencale et occitane. Dans sa thèse sur l’hydronymie française, Paul Lebel recensa ainsi près d’une centaine d’exemples mais son jury estima inutile de s’appesantir « sur ce nom de rivière malsonnant » et convainquit l’auteur d’y consacrer moins d’une page dans l’édition (Lebel 1956 : 163).